jeudi 19 décembre 2013

Sur les débats entre pro-BCE en anti-BCE en Allemagne.

Des extraits de l'article du Monde Eco paru ce jour sur l'union bancaire. Je vous recommande également cet article qui me parait fondamental sur les débats en vigueur en Allemagne sur la politique que doit mener la BCE et les enjeux autour de la solidarité dans la zone euro. Retenez ce qu'est l'OMT.
"C'est l'aboutissement de près de deux ans d'âpres négociations. Les ministres européens des finances ont arraché, mercredi 18 décembre, un compromis très attendu sur le second étage de l'union bancaire. L'enjeu est de taille : il s'agit d'établir des règles communes, en matière de sauvetage des banques européennes en difficulté. Des règles pour limiter au maximum le recours à l'argent public, c'est-à-dire au contribuable, comme ce fut le cas dans plusieurs pays après la crise de 2008. Donc de casser le lien entre Etats et risque bancaire.
La philosophie générale est simple : faire appel en priorité aux actionnaires des banques, aux détenteurs de dettes obligataires – et, si nécessaire, aux clients possédant plus de 100 000 euros en dépôts – puis à un fonds de résolution financé par les banques elles-mêmes, avant d'envisager toute aide des Etats. " Que les banques paient pour les banques plutôt que les contribuables ! ", a résumé Michel Barnier, commissaire européen chargé des services financiers, en soulignant : " Ce que nous avons fait cette nuit est très important. "
Ce saut fédéral devrait avoir pour effet de briser le lien entre les crises bancaires et les dettes souveraines, identifié lors de la crise de la zone euro. " C'est un moment très important dans l'histoire de l'Europe ", a dit à l'unisson le ministre de l'économie, Pierre Moscovici.
(...)  Le transfert de souveraineté qu'implique l'union bancaire est réel, mais il reste limité.
L'accord porte en effet la marque de l'Allemagne, qui souhaitait à tout prix restreindre l'implication des contribuables, au risque de créer une " usine à gaz " peu convaincante pour les marchés. (...)
L'Allemagne s'est certes ralliée à l'idée d'un fonds européen de résolution des banques, qui sera financé par le secteur bancaire et interviendra pour sauver des banques de tous Etats, comme le demandaient la plupart des Etats, dont la France, l'Italie ou l'Espagne. En clair, une banque grecque en difficultés pourrait être sauvée par des banques allemandes ou françaises.
Mais pour rassurer Berlin, la mutualisation de cet instrument, dont la force de frappe atteindra près de 60 milliards d'euros au final, sera très progressive d'ici à 2026. Au départ, le fonds " unique " sera surtout composé de compartiments nationaux – chaque compartiment intervenant pour les banques de son Etat. Les éventuels transferts d'un compartiment à l'autre ne seront rendus possibles qu'après la signature, d'ici à mars 2014, d'un nouveau traité intergouvernemental.
Cette approche placera les Etats en première ligne dans le pilotage de la résolution des crises bancaires, au détriment des instances communautaires. Ils feront partie d'un Conseil de résolution qui décidera de sauver ou non une banque.
L'Allemagne considérait, contre l'avis d'une écrasante majorité de capitales, que de tels " transferts financiers " ne sont pas possibles en vertu des traités européens en vigueur. M. Schäuble a donc obtenu de limiter au maximum le champ d'action du futur mécanisme de résolution des crises bancaires.(...)
Ultime concession arrachée par Berlin : en cas de crise bancaire, le conseil des ministres des finances prendra les décisions préparées par le Conseil de résolution. Le rôle de la Commission européenne restera modeste, alors que M. Barnier avait proposé de la placer au cœur du dispositif de résolution.
Enfin, la solidarité entre les Etats restera minimale sur la question du filet de sécurité public, l'instrument réclamé par le sud de la zone euro, Italie en tête, pour prendre le relais du fonds financé par les banques en cas de crise bancaire.
Dans une première phase, tant que ce dernier montera en puissance, l'Allemagne a dû concéderde recourir aux fonds de secours de la zone euro, en cas de besoin. L'activation du Mécanisme européen de solidarité (MES) se fera en échange de solides conditions. Les Etats devront garantir le remboursement des emprunts accordés par cet instrument. (...)

mardi 17 décembre 2013

La Fed réduit son soutien à l'économie américaine.

Un article du Monde qui revient sur les perspectives de ralentissement de la politique de Quantitative Easing.

samedi 7 décembre 2013

dimanche 1 décembre 2013

Partage de la valeur ajoutée.

Un article très pédagogique d'Alternatives Economiques pour réviser vos cours de macroéconomie.

mardi 26 novembre 2013

Hausse de la dette du Japon. Jusqu'à quand ?

Voici une EcoNote de la Société Générale qui présente clairement les enjeux autour de la soutenabilité de la dette japonaise.

samedi 23 novembre 2013

Krugman en colère contre le gouverneur de la Bundesbank.

Une description du "sadomonétarisme" selon Krugman : "Hard Hearts, Soft Heads", paru le 21 novembre dans le New York Times.

jeudi 21 novembre 2013

Hors sujet.

Je promets de ne plus jamais me plaindre de vos copies...un peu de détente avec ce classique best-off.
Oui, oui, je culpabilise de vous infliger 16h d'économie la semaine prochaine...sans compter les colles !!!

dimanche 17 novembre 2013

Scènes de ménages franco-allemandes.

Un petit clin d'oeil paru dans Le Monde, qui devrait vous faire sourire...une expérience que vous vivez de près sur les différences entre le monde latin et germanique !

vendredi 15 novembre 2013

lundi 11 novembre 2013

La BCE et le risque de déflation.

Voici deux articles Monde pour comprendre le choix de Mario Draghi de baisser les taux d'intérêt. Le premier revient sur les causes de la désinflation, les risques de la déflation et les moyens d'action de la BCE ( et l'autre explique pourquoi la BCE réagit face au risque de déflation à la japonaise et les outils dont il dispose..Et enfin, un 4 pages instructif de Natixis qui se demande pourquoi la zone euro ne connaît pas la déflation. Une première sensibilisation au chapitre 9...

dimanche 10 novembre 2013

Le syndrome hollandais.

Un article du Monde "Les pays pauvres doivent suivre une autre voie de développement" daté du 10 Novembre 2012 où il est question de stratégies de développement notamment pour les pays d'Afrique Subsaharienne. L'auteur évoque le "syndrome hollandais", une notion à connaître pour aborder le rôle des richesses naturelles dans le développement.

La maladie hollandaise (ou mal hollandais, ou syndrome hollandais) est en effet un phénomène économique qui relie exploitation de ressources naturelles et déclin de l'industrie manufacturière locale. Inspiré du cas des Pays-Bas des années 1960 (exploitation du pétrole de la mer du Nord), le terme maladie hollandaise est utilisé par extension pour désigner les conséquences nuisibles provoquées par une augmentation significative des exportations de ressources naturelles par un pays.

Le terme apparaît pendant les années 1960 quand les revenus commerciaux des Pays-Bas ont considérablement augmenté à la suite de la découverte de grands gisements de gaz dans la province de Groningue, puis dans le reste du pays et en mer du Nord. Mais l'accroissement des recettes d'exportations, a conduit à une appréciation de la devise hollandaise  ce qui a nui à la compétitivité-prix des exportations non-gazières du pays.

Bien que touchant principalement les pays pétroliers, le phénomène peut être comparé avec toute surévaluation du taux de change liée à une entrée massive de devises (exemples : mise en valeur de ressources naturelles, hausse marquée des prix d'une matière première, flux massifs d'investissements directs étrangers entrants, aide étrangère massive). Les pays riches en matières premières se spécialisent donc dans l'exploitation de ces ressources, au détriment de leur secteur manufacturier.

samedi 9 novembre 2013

Les secrets du "miracle autrichien"

Un article paru le 8 novembre dans le Monde de Joelle Stolz, correspondante à Vienne.
Sauf sur les pistes de ski, les Autrichiens ont le triomphe modeste. Pourtant, même s'ils se déclarent moins heureux que les Danois, ils font partie des Européens qui ont de solides raisons d'être contents : avec le taux de chômage le plus faible de l'Union européenne (4,8 %), un système de retraites encore généreux, des soins médicaux de bonne qualité dans le service public, une nature largement préservée, un secteur culturel richement doté et un art de vivre qui place Vienne, depuis plusieurs années, en tête du classement des villes les plus agréables de la planète, les 8 millions d'habitants de la petite Autriche s'en sortent beaucoup mieux que d'autres.
Une « île des bienheureux » : c'est ainsi que le pape Paul VI, lors de sa visite en Autriche, en 1978, avait défini ce pays alors coincé entre l'Est et l'Ouest, mais qui vivait une phase d'épanouissement et de modernisation sans précédent, grâce à son « grand homme » de l'après-guerre, le chancelier social-démocrate Bruno Kreisky. Trente-cinq ans plus tard, le contexte géopolitique a beaucoup changé, et il est de bon ton de se lamenter, dans les médias autrichiens, sur la médiocrité du personnel politique. Reste que le sentiment d'être préservé des crises qui agitent le reste de l'Europe perdure en Autriche.
Quel est donc le secret de ce « miracle autrichien » auquel la revue américaine Foreign Policy rendait hommage, il y a un an ? Tandis que l'ambassade d'Autriche à Paris organisait un colloque pour expliquer les méthodes destinées à limiter le chômage des jeunes – 8,6 %, le deuxième meilleur chiffre de l'UE –, cinq membres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, dont Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l'économie sociale et solidaire, ont déjà fait le voyage à Vienne afin de voir de plus près le petit prodige.
L'intérêt est tel que la Société autrichienne de politique européenne (ÖGfE, un institut basé à Vienne) a publié, en octobre, un « Memo » de huit pages – signé du directeur de l'AMS, l'équivalent autrichien de Pôle emploi – pour que les décideurs locaux, quand ils sont interrogés par leurs interlocuteurs étrangers, soient incollables sur le double système de formation école-entreprise ou le principe de « flexisécurité ».
Mais pour apprécier l'atmosphère décrispée qui règne en Autriche, rien n'est plus révélateur qu'une visite au président de la République, Heinz Fischer. A l'entrée de l'ancien palais impérial de la Hofburg, qui abrite la présidence, les contrôles de sécurité sont si légers qu'ils feraient rêver n'importe quelle ambassade américaine : voilà un pays qui ne craint pas d'être attaqué. De la même manière, on peut croiser dans le tramway à Vienne la première dame d'Autriche, Margit Fischer, en compagnie d'un de ses petits-enfants, sans que le moindre garde du corps ne trouble ce démocratique trajet.
"PARTENARIAT SOCIAL"
Recevant Le Monde dans son bureau orné des portraits des filles de l'impératrice Marie-Thérèse – dont une certaine Marie-Antoinette –, le président Fischer, issu de la social-démocratie, rappelle que l'Autriche n'a pas toujours connu des temps aussi paisibles. Les affrontements de l'entre-deux-guerres, entre gauche et droite, furent si violents qu'ils débouchèrent à partir de 1934 sur deux dictatures, l'austrofascisme puis le nazisme.
Cette expérience a nourri la préférence marquée des Autrichiens, depuis 1945, pour un « partenariat social » qui permet de désamorcer les conflits grâce à la négociation : « Notre stabilité a beaucoup à voir avec le partenariat social, constate M. Fischer. Nous venons ainsi d'éviter une grève des métallurgistes », qui avaient déposé un préavis mais l'ont retiré satisfaits de l'augmentation salariale obtenue. Une grève aurait pu coûter cher : plus de la moitié du PIB de l'Autriche provient des exportations.
Les Autrichiens aiment aussi voir s'allier les partis politiques de centre gauche et de centre droit : depuis qu'ils ont retrouvé un régime démocratique, il y a soixante-huit ans, ils ont été gouvernés les deux tiers du temps par une coalition, le plus souvent entre les sociaux-démocrates du SPÖ et les chrétiens-démocrates de l'ÖVP. Les dernières législatives, fin septembre, ont marqué une érosion de cette alliance qui ne recueille plus qu'une mince majorité, mais l'Autriche a toutes les chances de se retrouver une fois encore, avant Noël, avec un chancelier du SPÖ et un vice-chancelier ÖVP.
Cette formule provoque pourtant une lassitude dans l'opinion, dont le parti d'extrême droite FPÖ, mené par Heinz-Christian Strache, qui a fait 20,51 % des voix, espère bien profiter. Autorité morale au-dessus des partis, le président Fischer est attentif à ce risque, lui qui a manifesté, étudiant, contre les nostalgiques du nazisme qui tenaient encore des chaires à l'université. Aujourd'hui, assure-t-il, aucun courant néo-nazi ne peut ressusciter en Autriche : « C'est complètement mort. » Ce qui subsiste, c'est un courant « national-allemand », qui trouve un écho dans la xénophobie et dans le ressentiment contre l'Europe. A ses yeux, il est exclu que ce courant puisse constituer une majorité, mais il fera le plein de mécontents aux élections européennes de mai 2014. De ce point de vue, l'heureuse Autriche sera logée à la même enseigne que le reste de l'Europe.
stolz@lemonde.fr

jeudi 7 novembre 2013

How fake money saved Brazil.

Une Présentation de la politique brésilienne de lutte contre l'inflation (le fameux "plan real" de 1994 vu ce matin) sur la radio publique américaine NPR...L'économie est bien la science des anticipations...autoréalisatrices.